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La révolution allemande désigne la période mouvementée de 1918 à 1923, qui a vu le renversement de l'empereur, l'échec d'une tentative de révolution socialiste, et l'affaiblissement durable du mouvement ouvrier allemand, et bien au delà, de par ses répercussions internationales.

Contexte

Suite à la trahison de la social-démocratie que fut le soutien au déclenchement de la Première guerre mondiale, l'Europe connut un des plus grands carnages de son histoire. Mais malgré les illusions chauvines, la lutte de classe était flagrante pour une bonne partie de la classe ouvrière : la bourgeoisie des pays belliqueux avec des groupes comme Krupp profitait grassement de la guerre tandis qu'eux formaient la chair à canon. De plus, les russes avaient été les premiers à ouvrir la voie : ils avaient forcé la fin du conflit par leur révolution socialiste. Les dures restrictions imposées aux masses par la guerre allaient ouvrir une crise révolutionnaire en Europe, et principalement dans ce pays majeur du capitalisme qu'est l'Allemagne. L'espoir des communistes révolutionnaires se portait donc sur l'issue de cette crise, car une révolution socialiste ne peut être que mondiale...

"La vérité absolue, c'est qu'à moins d'une révolution allemande, nous sommes perdus." Lénine, mars 1918

En 1918, il n'y a pas de parti communiste en Allemagne. L'aile gauche du Parti social-démocrate (SPD), comprenant les révolutionnaires, s'est regroupée dans l'USPD, et considère qu'il faut attendre du mouvement montant de la classe ouvrière une régénération de la social-démocratie. Sur le plan international, le Parti bolchévik a fait partie de ceux qui se sont opposés à la guerre. Avec l'autorité morale qu'il acquiert ensuite du fait de la Révolution d'Octobre, il est le leader du courant révolutionnaire du socialisme, qui sera baptisé communiste. La toute nouvelle Internationale communiste va alors se fixer comme priorité d'étendre la révolution à l'Europe occidentale. En particulier, pendant 5 ans elle va travailler à reconstruire un parti ouvrier révolutionnaire en Allemagne.

Révolution de 1918-1919

Article détaillé : Révolution allemande (1918-1919).

Novembre 1918 : révolution et dualité de pouvoir

L'éruption révolutionnaire spontanée du prolétariat allemand se produit en novembre 1918. Le 6 novembre, les marins basés à Kiel refusent d'aller à un nouveau massacre décidé par l'état-major, et envoient des émissaires dans toute l'Allemagne pour appeler à leur secours la classe ouvrière. Les jours suivants, l’Allemagne se couvre de conseils d’ouvriers et de soldats qui commencent à se substituer aux organismes de l’État bourgeois allemand. Le 9 novembre, la révolution atteint Berlin et le Kaiser s'enfuit sans combattre. Tous les socialistes, y-compris la social-démocratie majoritaire, salue la "révolution socialiste" et le 11 novembre, l’état-major allemand doit signer l’armistice.

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Mais concrètement, c’est une façade rouge qui a été jetée sur un appareil d’État intact, celui des bourgeois prussiens et de leur état major. Une direction de six sociaux-démocrates (3 SPD et 3 USPD) baptisés "commissaires du peuple" se met en place, au dessus des ministères maintenus tels quels. Ce gouvernement proclame dès le 12 novembre des mesures importantes : instauration (formelle) des libertés démocratiques élémentaires, début de législation du travail (promesse de la journée de huit heures, conventions collectives, allocations chômage...), que le patronat entérine dès le 15 en signant un accord avec les syndicats sur ces points. C’est que la bourgeoisie risque de tout perdre : et elle en a conscience.

Comme au début de toute révolution socialiste, il y a situation de double pouvoir avec un pouvoir ouvrier embryonnaire, face à un État bourgeois fragilisé. Mais l’existence des conseils en soi ne suffit pas. "Les masses ne sont pas mûres", affirment les chefs sociaux-démocrates, en faisant leur maximum pour ravaler les conseils au rang d’auxiliaires consultatifs. Le gouvernement provisoire convoque des élections à une Assemblée Constituante pour le 16 février 1919. Les conseils d’ouvriers et de soldats doivent, eux, tenir leur congrès à Berlin le 16 décembre 1918. Et c'est exactement dans les termes cités "Assemblée nationale ou gouvernement des conseils" qu'est formulé le deuxième point de l'ordre du jour de ce congrès. Et malgré les arguments marxistes inlassablement avancés par Rosa Luxemburg, le poids du SPD qui tranchera... pour la voie de l'État (bourgeois) pour construire le socialisme...

Janvier 1919 : boucherie social-démocrate

Après le congrès des conseils, la réaction relève la tête. Le social-démocrate Noske, dont la profession de foi est "je hais la révolution comme la peste", s'acoquine avec les Corps Francs, des groupes paramilitaires d'extrême-droite. Ces troupes serviront à la bourgeoisie pour mater la révolution ouvrière, incarnée par les conseils. Elles n'attendant qu'un prétexte, qui leur sera donné par l'inexpérience des révolutionnaires allemands, qui déclenchent une insurrection non suivie par la base.

Des combats entre corps-francs et ouvriers avancés ont lieu dans toute l'Allemagne, mais sans coordination, la défense des travailleurs est vaincue. Après deux "semaines sanglantes", les conseils ouvriers issus de la révolution de novembre auront été liquidés, et les leaders Luxemburg et Liebknecht y auront laissé leur peau, comme des milliers de travailleurs.

Délimitation d'une stratégie révolutionnaire

Mars 1920 : putsch militaire et "gouvernement ouvrier"

En mars 1920, estimant que la répression conduite par Noske créé les bonnes conditions, des généraux lancent un putsch et portent Wolfgang Kapp au pouvoir. Le drapeau impérial est hissé, les journaux et libertés suspendus, l'état de siège proclamé. Le gouvernement, prévenu à l’avance, n’a rien fait: les ministres sociaux-démocrates prennent la fuite. Or, en l’absence de Paul Levi, emprisonné, la direction du KPD publie un tract suicidaire qui appelle les travailleurs "à ne pas lever le petit doigt pour la défense de la République".

C'est l’appareil des syndicats qui va se dresser contre le putsch de Kapp. Le dirigeant syndical Legien, pilier du SPD, perçoit avec la menace de restauration celle de la perte de tous ses privilèges. Le lendemain, la centrale syndicale lance un appel à la grève générale, suivie des social-démocrates majoritaires qui n’ont pas pris la fuite et des indépendants (USPD). Dès le 14 mars, Berlin est paralysé par la grève, un comité central unitaire voit le jour, puis dans tout le pays les ouvriers se soulèvent, s’arment. Le 17, Kapp s’enfuit, balayé par la puissance de combat de la classe ouvrière. La grève générale ne va pas cependant s'arrêter là, d'autant que les dirigeants syndicaux n'appellent pas à la reprise car ils veulent des garanties. Comme lors de tout mouvement d’ampleur de la classe ouvrière, c’est la question du pouvoir qui est posée.

Legien propose, pour s’assurer l’épuration des éléments contre-révolutionnaires – y compris les "socialistes" type Ebert - et garantir la place des syndicats, que soit constitué un "gouvernement ouvrier" regroupant l’ensemble des organisations ouvrières, partis, syndicats, et elles seules. Cette proposition prend de court les Indépendants qui s’y opposent dans l’ensemble, ne voyant là qu’une réédition du gouvernement sans ministres bourgeois ayant existé en Allemagne après la révolution de novembre. Le KPD lui la soutient après quelques hésitations, comprenant que la constitution d’un tel gouvernement, sans signifier la réalisation de la dictature du prolétariat, constituerait un pas en avant effectif pour toute la classe ouvrière allemande. Le refus de l'USPD de siéger dans un gouvernement aux côtés du SPD allait permettre à ces derniers de refuser les conditions posées par la centrale syndicale -notamment l’épuration radicale et l’armement du prolétariat- et le KPD n'essaie pas de prendre l’initiative sur la ligne du gouvernement d’unité des organisations ouvrières. Dans la Ruhr et dans la Saxe, des comités d’action unitaires assureront le pouvoir quelques temps, mais le gouvernement ouvrier ne verra pas le jour.

Cette occasion manquée, ce sont à nouveau les forces de l’Etat bourgeois qui vont se lancer dans une nouvelle vague de répression des masses.

Avec une stabilisation relative de la situation en Europe, les communistes dans tous les pays peuvent constater qu’ils ne regroupent qu’une minorité plus ou moins importante de la classe ouvrière. La tempête révolutionnaire qui a soufflé dans toute l’Europe est calmée, et il s’agit– une fois les PC délimités politiquement – de s’atteler à la construction de partis susceptibles de conquérir le pouvoir.

Vers un parti de masse : le poids de l'I.C.

C’est vers l'USPD, et non vers le KPD, que se tournent en masse les travailleurs allemands au fur et à mesure que l’abomination de la politique social-démocrate les prend à la gorge. Cet afflux radicalise ce parti, qui prend position en 1919 contre le régime parlementaire et pour le pouvoir des conseils, et dont l'aile gauche fonde beaucoup d'espoirs sur la Russie des soviets et l'Internationale communiste.

La direction du KPD, soutenue par l'IC, va alors décider à l'été 1919 d'exclure les gauchistes pour pouvoir se rapprocher de la gauche de l'USPD. Cela représente la moitié des effectifs (50 000 militants qui vont fonder le KAPD) mais conduira en décembre 1920 à la fusion dans le Parti communiste unifié d'Allemagne (VKPD), avec 350 000 membres. Lénine et l'Internationale auront joué un rôle fondamental en critiquant tant les positions de l'USPD que des gauchistes, et en offrant une ligne politique claire au prolétariat allemande. Cette fusion aura été menée par Paul Levi.

Début janvier 1921, une réunion unitaire de métallos de Stuttgart adopte à l’initiative des communistes un appel aux dirigeants des centrales syndicales réclamant d’eux qu’ils organisent le combat pour les revendications urgentes (baisse des prix, hausse des allocations chômage, baisse des impôts sur les salaires et imposition des grosses fortunes, contrôle ouvrier sur le ravitaillement, l’inventaire de la production, désarmement des bandes réactionnaires et armement du prolétariat contre elles). Le VKPD publie cette adresse et la reprend à son compte. Il envoie le 7 janvier à toutes les organisations ouvrières (partis et syndicats) une «lettre ouverte» proposant une action commune sur un certain nombre de revendications recoupant largement celle des métallos de Stuttgart. Aucun parti ou centrale syndicale ne répond positivement à cette lettre . Mais, en mettant en avant la nécessité d’une action unitaire sur des revendications "transitoires", c’est-à-dire tournées contre les capitalistes et leur politique sans faire un préalable de l’adoption de son programme, le VKPD va remporter des succès considérables et élargir son audience. Des assemblées ouvrières se tiennent dans tous les secteurs et adoptent la lettre ouverte. Un pont est ainsi lancé entre les travailleurs communistes et ceux qui suivent les sociaux-démocrates. Les dirigeants syndicaux sont contraints, par le succès de la lettre ouverte, de durcir le ton à l’égard du gouvernement et de lancer eux-mêmes des combats partiels. La "Lettre ouverte", les revendications transitoires, le front unique, sont attaqués au sein du parti par sa "gauche" mais aussi par Bela Kun, et derrière lui Zinoviev. Ils considèrent cette tactique comme de l’opportunisme. Bela Kun, émissaire arrogant de l’I.C. aux moeurs d’aventurier qui repoussent nombre de vieux dirigeants communistes, utilise le prestige de l’Internationale pour pousser le PC "à l’offensive", "théorie" qu’il oppose au combat pour gagner la majorité de la classe ouvrière. Lénine tranchera le débat en soutenant, par écrit, puis au troisième congrès de l’I.C., la "Lettre ouverte": "ceux qui n’ont pas compris que la tactique de la «lettre ouverte» était obligatoire doivent être exclu de l’Internationale dans un délai maximum d’un mois après le congrès". Mais entre-temps, "l'offensive" a fait de terribles dégâts.

1921 : le fiasco gauchiste de "l'action de mars"

En mars 1921, le PC allemand, sous la pression des Bela Kun et autres proches de Zinoviev, fait une terrible rechute gauchiste. Lors de son Comité Central des 16 et 17 mars, l'un de ses dirigeants s'exclame même : "de ce jour, nous brisons avec la tradition du parti. Jusqu’à maintenant, nous avions attendu et maintenant nous prenons l’initiative, nous forçons la révolution". Non content de rompre avec sa tradition, c’est le parti même qui va être près de se briser. L’occasion va venir vite. Le gouvernement saxon social-démocrate décide d’envoyer la police occuper des secteurs miniers, bastions communistes, officiellement pour désarmer les bandes qui y sévissent, en réalité pour ôter aux ouvriers les armes qu'ils avaient prises lors du putsch de Kapp. En quête d'une occasion (prête pour cela y compris à monter des provocations, escomptant que la répression s'en suivant galvanise les masses), la direction du PC allemand décide en majorité d'utiliser cette intervention militaire. Die Rote Fahne somme les ouvriers sociaux-démocrates de choisir leur camp ("qui n'est pas avec moi est contre moi"). Le 22 mars, le PC, conjointement avec le KAPD gauchiste, appelle à la grève générale en Saxe, puis (à la veille de la fermeture des usines pour Pâques !) dans toute l’Allemagne le 24 mars. Une semaine durant, les communistes vont essayer d’entraîner les autres travailleurs, sans succès. Au contraire, "l’action de mars" dresse les autres travailleurs contre les communistes, isole ces derniers. Les manifestations convoquées avec le KAPD sont squelettiques. Dans les entreprises, une répression terrible va s’abattre contre les militants communistes qui se sont ainsi isolés et exposés aux coups du patronat qui les licencie à tour de bras, les jetant dans la misère, ou directement dans les prisons. En quelques mois, les effectifs du VKPD vont fondre de 350 000 à 150 000. Ce n'est pas tout. S'ensuit une terrible crise de direction. Paul Levi avait démissionné - Lénine s’en était indigné - peu auparavant de la présidence du VKPD pour protester contre les méthodes des émissaires de l'Internationale. Dès avril, Levi critique publiquement dans une brochure "l'action de mars", démontrant au passage que la "centrale" (l’exécutif) du Parti cherchait par tout moyen – y compris la provocation - à passer à "l’offensive". Pour les communistes allemands durement éprouvés pour être entrés en grève seule, c'est un coup de couteau dans le dos. Levi est exclu. Une grande partie de la direction prend sa défense (notamment Clara Zetkin, vieille militante spartakiste). De l’autre côté se manifeste une "gauche" du parti revendiquant fièrement la catastrophe de mars (Ruth Fischer). Le parti est profondément divisé, quoique officiellement soudé dans la défense de "l’offensive".

Conquête de la majorité et défaite sans combat

Article détaillé : Révolution allemande (1922-1923).

1922-1923 : ligne juste et conditions objectives...

Tout au long de l’année 1922, la bourgeoisie allemande tente de reprendre un à un les acquis ouvriers de la révolution de 1918. Face à cette offensive, le Parti Communiste prend des initiatives sur tous les terrains. Les 3ème et 4ème Congrès de l'Internationale communiste ont défini la ligne du front unique et du gouvernement ouvrier : proposer les actions les plus larges possibles, sur une base de classe, et la mise en application va être directe (conseils d'usine, comités de contrôle des prix, appel à soutenir la grève des cheminots...), et fructueuse : soit la proposition rencontre un succès fortifiant le parti, soit en étant refusée elle éclaire la contradiction entre la base ouvrière de la social-démocratie et sa direction bourgeoise. Le parti commet quelques graves erreurs, comme la participation à un "front républicain", et son niveau théorique est extrêmement faible, mais son influence grandit toujours plus.

En janvier 1923, l’armée française envahit la Ruhr, pour saisir directement la production au titre des réparations de guerre. L'Allemagne sombre dans une grave crise économique et sociale, et la réaction nationaliste se renforce, au détriment du gouvernement qui perd peu à peu tout son crédit. Les PC engagent une campagne internationaliste contre l'occupation française, et le KPD organise directement les ouvriers dans la résistance, tout en gardant le cap de la lutte de classe. Les structures d'auto-organisation des travailleurs (dans les usines et dans les villes) se multiplient et l'influence des communistes y est incontestable. Le 9 août une grève générale lancée par les conseils s’étend à tout le pays. Cuno démissionne au bout de deux jours, et un nouveau gouvernement est constitué avec des ministres sociaux-démocrates.

Octobre 1923 : prise du pouvoir préparée... et c'est tout

Le KPD est alors fort de centaines de milliers de membres et jouit d'une influence sans équivalent. L'Internationale décide alors d’orienter le parti vers la prise du pouvoir, malgré les doutes de la direction allemande, qui ne voit pas à quel point la situation est révolutionnaire. Un plan est élaboré, et ses premières phases se déroulent comme prévu. Le 10 octobre, les communistes forment en Saxe et en Thuringe un gouvernement ouvrier avec les sociaux-démocrates de gauche. Le gouvernement fédéral envoie l'armée, qui s'approche prudemment de la Saxe.

L'appel à la grève générale en soutien à la Saxe ouvrière est proposé par plusieurs secteurs, et étouffé par le KPD qui attend l'heure H, ne voulant pas de combat prématuré. Mais quand elle sonne, les sociaux-démocrates de gauche s’opposent irrévocablement à l’appel à la grève générale. Pire encore, Brandler s’aligne sur eux et accepte le renvoi de cette question …en commission. La direction du KPD annule dans la foulée l’ordre de l’insurrection. Quelques jours plus tard, les communistes sont chassés de leurs ministères. Aucune résistance. C’est un incommensurable gâchis, une défaite sans combat et sur toute la ligne. "L'octobre allemand", aboutissement de tout un processus révolutionnaire ouvert par la chute du Kaiser en novembre 1918, échoue lamentablement.

Un prix terriblement lourd

L’échec de la révolution allemande de 1923 marque un tournant décisif. En 1924, la bourgeoisie allemande stabilisera la situation, grâce aux capitaux américains (plan Dawes), mais surtout l'échec du Parti Communiste. Avec cet échec, la révolution russe est durablement isolée. Cet isolement va donner une impulsion aux forces les plus réactionnaires au sein de l’Etat et du Parti en Russie, derrière l’appareil et son chef, Staline ; contre les forces révolutionnaires du Parti qui précisément ont commencé de s’organiser dans l’opposition de gauche que dirigera Trotsky. A partir de 1924 va s’ouvrir, sur la base de la stabilisation de la situation internationale, la lutte contre le "trotskysme", au nom d’une "théorie" inventée par Staline début 1924 : "le socialisme en un seul pays". Le développement du stalinisme, cancer bureaucratique de la révolution d’octobre, va se traduire dans toute l’internationale par la soumission jusqu’à les briser des différents partis communistes, au nom de la "bolchevisation". Cette interdiction faite aux partis communistes de s’éduquer, d’apprendre des leçons des expériences révolutionnaires passées va produire désastre sur désastre, de l’échec de la révolution chinoise de 1927 à … la prise du pouvoir par Hitler en 1933 dans laquelle le KPD stalinisé aura une responsabilité écrasante.

Les leçons pour les socialistes

Au delà de la trahison de la social-démocratie, qui a surpris tous les socialistes sincères, Lénine le premier, les révolutionnaires allemands ont tardé à réagir.

Cette première erreur en a aggravé une autre : celle du gauchisme. Il est certain qu'organiser une fraction révolutionnaire centralisée dès 1914 aurait de beaucoup amoindri l'inexpérience et le manque d’homogénéité politique dans lequel se trouvait le KPD en 1919, au moment où ses actions allaient être décisives.

Notes et sources

Les morts restent jeunes, Anna Seghers
Les spartakistes, Gilbert Badia
La révolution en Allemagne, Pierre Broué, 1971
L'ordre règne à Berlin, Rosa Luxemburg, 1919

Article publié en mai 2003 par le groupe Combattre pour le socialisme
Article de Peter Van der Biest de 1998  sur socialisme.be
La Révolution allemande : Documents (octobre 1918 - janvier 1919) sur le site du Collectif Smolny